Peintre français dont
les œuvres ont inspiré le mouvement impressionniste.
L'influence considérable
qu'il exerça sur la peinture française s'explique en partie par le
choix de sujets faciles exécutés avec une technique difficile : la
peinture à l'huile. A seize ans, il s'embarque pour le Brésil sur
un bateau-école où il s'initie d'abord à la peinture à l'eau sur l'eau.
Il revient à Paris quelques mois plus tard pour étudier la peinture
à l'huile sur terre (la mer étant trop rarement d'huile). A partir
de 1852, Manet multiplie les voyages à l'étranger : la Hollande, pays
de fromages, où il admire les croûtes de Frans Hals, l'Allemagne,
l'Autriche, l'Italie, et, plus tard, l'Espagne où les œuvres de Vélasquez
et Goya influencent son premier chef d'œuvre : la presse des olives
entre deux castagnettes - huile sur toile, 1862.
Sa technique picturale,
franche et directe, laisse apparaître de larges touches et quelques
fragments de poils de pinceau au microscope. En 1863, Manet expose
son célèbre Déjeuner sur l'herbe au Salon des refusés, nouveau
lieu d'exposition accueillant les œuvres rejetées au Salon officiel.
Ce tableau représente une jeune femme nue avec deux hommes en costume
pique-niquant comme si de rien n'était dans un décor champêtre. Il
attire immédiatement l'attention du public mais est violemment attaqué
par les critiques. Ils sont choqués par la pose désinvolte de la femme
qui contraste avec la stricte allure habillée des hommes : aucun alibi
allégorique ou antique ne vient justifier sa nudité. Enfin, ils reprochent
au peintre de ne pas les avoir invités lors des séances de pose. Manet
rétorque qu'il ne sait pas bien dessiner les casques romains et qu'il
a déjà trop de monde aux séances de pose.
En 1864, le Salon officiel
accepte enfin deux de ses tableaux, et, en 1865, Manet y expose Olympia,
un nu inspiré de la Vénus d'Urbin de Titien : son réalisme
peu orthodoxe soulève des vagues de protestations dans les cercles
académiques et quelques uns de ses membres. Manet devient l'ami des
premiers peintres impressionnistes Degas, Monet, Renoir, Sisley, Pissarro
et Cézanne. Ceux-ci subissent l'influence de Manet et, à leur tour,
influencent son art, et réciproquement. Pourtant, Manet n'est pas
un véritable impressionniste comme Monet, avec qui il ne faut pas
le confondre, et réciproquement aussi. Un moyen pour s'en souvenir
: "l'art de Manet et l'or de Monet" (Monet se monnaie mieux).
Manet meurt à Paris le 30 avril 1883, laissant une œuvre importante
comprenant plus de quatre cents peintures à l'huile, des pastels,
de nombreuses aquarelles, et trois mille six cent vingt quatre gribouillis
que l'on n'ose jeter à la poubelle tant que Manet figurera dans un
dictionnaire. Et rien que pour embêter celui qui doit les garder,
nous avons préféré évoquer Manet, bien que la description par le menu
de la vie de Murasaki Shikibu (romancière japonaise) eut d'abord notre
préférence pour figurer dans ce dictionnaire.