Pédaleur cycliste professionnel
d'origine espagnole qui a passé plus de temps sur un vélo qu'à faire
la vaisselle.
Cela montre bien le machisme
inné des ibériques, notamment des hommes. Cette perpétuelle fuite
en avant face à ses devoirs ménagers lui permit peu à peu d'acquérir
un bon niveau sportif. Il gagna ainsi quatre fois de suite le tour
de France, collectionnant les "maillo-yonnes". Il réussissait
ses exploits d'instinct, avec l'intime conviction que plus il passerait
la ligne d'arrivée en premier, moins il passerait l'aspirateur. Sa
terrible phobie de la voiture-balai explique aussi son palmarès de
champion.
Lorsqu'il abandonna la
haute compétition, il devint cadre de l'équipe cycliste espagnole,
loin des railleurs qui moquaient son manque de panache. Jamais plus
par la suite, il ne connut la paix d'alors. Désormais, qui le guide,
on le dit, c'est celle qui l'a épousé, comme l'a écrit T. Riheume*
qui en connaît un rayon. Sans vouloir le braquer, sa conchita chérie
cherche à lui faire repasser les cols sans courroux, libre à lui de
préférer présenter les grands plateaux aux invités. Après avoir longtemps
rongé son frein, Miguel a trouvé une saine occupation qui lui permet
d'échapper aux tâches ménagères : il écrit son autobiographie. D'ailleurs,
lui seul peut l'écrire... Au dernier pointage, il aurait pris du retard,
éprouvant beaucoup de difficulté dans l'écriture du quatrième chapitre
intitulé "Comment mon papa m'a appris à faire du vélo sans les
petites roulettes".
* "Miguel,
un champion en sursis" aux Editions Dumollet.